a.o.c miel de Corse- mele di Corsica
Les signes de qualite

   


Le syndicat d'appellation d'origine contrôlée " miel de Corse ", qui travaille à la création d'une station de sélection pour l'abeille corse, a tenu son assemblée générale en Avril dernier à Corte.
A cette occasion, le laboratoire ultra-moderne, " miel et pollen " et les projets d'action à mener dans le futur, ont été présentés.
Nous avons profité de cette occasion pour faire un point avec Jean Mary, le président du syndicat d'appellation d'origine contrôlée " miel de Corse-mele di Corsica", la position du technicien nous étant livrée par Geraud Bonnet l’animateur de la filière.



Pourquoi un signe de qualité ?
  • Jean Mary : Confronté au commerce international qui au nom du profit n'hésite pas à proposer des produits d'origine douteuse et trompeurs pour le consommateur (pour qu'un miel soit étiqueté français, il suffit qu'il soit composé de 50% de miel provenant de l'hexagone) par conséquent il fallait absolument proposer un miel dont l'origine était indiscutable, donc contrôlée et qui met en valeur la spécificité de notre terroir et le savoir-faire des apiculteurs insulaires.
  • Géraud Bonnet : Pour répondre aux attentes des consommateurs qui sont orientés vers la qualité et vers les produits spécifiques qui leur garantissent une qualité d'hygiène, technologique et organoleptique maximale.
    Pour le producteur, un signe de qualité permet la protection de son produit afin de mieux le commercialiser et ce à un prix qui valorise son travail.
Quels signes de qualités ?
  • J.M : Le miel corse étant connu depuis la plus haute antiquité pour ses qualités comme l'attestent les écrits romains, génois et ensuite français, une tradition que l’on retrouve dans des toponymies, telles que : Castifao , Moltifao ou encore Ville de petrabugnu.
    A la demande du Bugnu corsu, Mlle Battesti a réalisé un travail de fond sur le miel, l'abeille corse et les classifications du miel de Corse, cela nous a naturellement amené a opter pour l'appellation d'origine contrôlée.
    La mise en place de l'A.O.C Miel de Corse - Mele di Corsica a demandé à la filière conduite alors par son président Philippe Orsoni Buisset ainsi qu’à l'I.N.A.O représenté par Ariane Cazali quelques 5 ans d'effort.
  • G.B: Etant donné la richesse et la diversité de l'environnement en Corse, l'A.O.C était le signe de qualité le mieux adapté. Du fait qu'il a été le premier miel de terroir reconnu, l'appellation Miel de Corse a influencé d'autre démarche, comme celle de la Provence ou du Languedoc.
    Au niveau international, on notera l'intérêt suscité par notre démarche auprès des siciliens qui seront invités à la prochaine foire de Murzo.
Quels sont les exigences ?
  • J.M : Les exigences sont bien définies dans le guide de l'apiculteur édité par le syndicat A.O.C Miel de Corse. Il énumère l'ensemble des exigences et notamment la nécessité pour les miels de provenir de nectar et (ou) miellat butiné par les abeilles apis mellifera ecotype corse. L'ensemble de la gamme variétale a également été définie. Toutefois je tiens à préciser que pour financer les contrôles, les apiculteurs adhérant à la démarche doivent obligatoirement apposer une vignette sur chaque pot.
  • G.B : Dans le guide de l'apiculteur la conduite du rucher doit être locale, constante et loyale.
    Cette définition reste assez vague mais l'A.O.C étant une démarche dans laquelle les apiculteurs s'impliquent, on estime qu'ils respectent ses préceptes, leurs méthodes de production étant validées par une visite sur l'exploitation par la profession et par l'INAO.
    Pour le produit en lui-même, il faut que l'apiculteur soit capable d'identifier le miel et de le classer dans la gamme variétale pour que le consommateur puisse s’y retrouver.
    L'ensemble étant validé par le labo “miel et pollen” et par la commission de dégustation.
Les échéances ou les perspectives ?
  • J.M: Au regard des demandes extérieures que nous ne pouvons satisfaire, le Miel de Corse étant le seul miel de terroir à posséder une a.o.c et une A.O.P, la filière a un grand potentiel de développement.
    Pour ce faire, il nous faut augmenter la production, c'est dans ce but et grâce aux aides de l'ODARC que nous allons mettre en place une station de selection de l'abeille corse qui nous permettra de multiplier d'une manière importante le nombre de ruches et d'installer de nouveaux apiculteurs.
  • G.B : Au niveau de l'AOC elle-même : D'ici le mois de décembre nous allons refondre certains aspects du cahier des charges afin d'améliorer la cohérence de la démarche.
    Au niveau de la filière nous allons relancer l'aspect production à travers la station de sélection de l'écotype corse, mais aussi par la formation afin de favoriser l'installation de nouveaux apiculteurs pour que la filière perdure et qu’elle se développe.
    Nous pouvons également compter sur les conseils scientifiques et techniques du laboratoire “Miel et Pollen”.
    Dans le domaine de la promotion et de la communication, avec l'aide du CREPAC, nous allons intensifier notre action pour favoriser la valorisation économique du produit et ouvrir de nouveaux marchés vers l'extérieur.
Quel regard portez-vous sur les autres filières ?
  • J.M: Pour nous, il serait important que d'autres filières obtiennent l'A.O.C, les signes de qualité participant à la promotion générale de l'agriculture de notre île.
    Cependant l’obtention d’un signe de qualité est un travail de longue haleine : aux 5 années que nous avons passé avant d'obtenir l'a.o.c, il faut rajouter une dizaine d'années de travail préparatoire.
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Propos recueillis par Joseph Santana